Gravures: 2006-2008
Des gravures ont été réalisées selon ce procédé : je récupère des emballages alimentaires, de soins corporels, de médicaments, de jouets que je grave selon les techniques de la gravure traditionnelle. En 2006-2007 j’ai pu commencé à explorer ce procédé de gravure sur une matrice « emballage » durant ma résidence à la Fabrique des Arts, à l’occasion d’ateliers ouverts aux patients de l’hôpital psychiatrique de Denain (Nord) en collaboration avec l’association Interleukin’ (Valenciennes). Ma matière première à graver m’était fournie par mon entourage : je collectais les emballages dans mon environnement proche et les traduisais à ma manière par impression. Cela donnait quelque chose d’assez éloigné de l’original, lui conférant ainsi une sorte de seconde vie.
Mes matrices sont fragiles et éphémères (produisant des monotypes) et ne résistent pas à plus d’une ou deux impressions (pour cette deuxième impression je modifie la matrice). Ce procédé m’amène à travailler de façon compulsive et immédiate où préparation des plaques et impression se font presque dans le même moment. L’empreinte « extra-ordinaire » de ces enveloppes ordinaires donne naissance à de petites architectures, des vêtements déployés comme des kimonos, des corps déployés (rappelant les mises en croix). En gravant ces enveloppes je joue avec les textes, la micro-littérature inscrite dans les emballages (modes d’emplois, conseils pratiques et recommandations existentielles, stéréotypes à mettre en action), le graphisme et la typographie qui sont préexistants aux emballages, choisissant de mettre en valeur certaines parties tandis que d’autres se trouveront effacées ; j’incorpore, de façon ténue, des éléments graphiques ou des mots qui créent des ambiguïtés ou des prolongements aléatoires.