Je ferai un crochet pour vous voir

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Je ferai un crochet pour vous voir

JE FERAI UN CROCHET POUR VOUS VOIR
Performance variable (à partir de 2003)
Performeurs: Marion Fribourg (chanteuse), Nathalie Bailleau (danseuse), Véronique Petit (comédienne), Evelyne Perard (comédienne-danseuse), Nicolas Hubert (danseur).


Je ferai un crochet pour vous voir est une installation vivante dans laquelle le spectateur est convié, enveloppé et saisi par l’environnement sonore, visuel et tactile.

La mise en scène, à la lisière du spectacle vivant et des arts plastiques, présente des situations reprises en boucle et dans lesquelles des événements infimes ont lieu. Cependant bien qu’il n’y ait ni événement spectaculaire ni scénario, une évolution minimaliste est perceptible dans la durée. Le dispositif scénique et le déroulement de la performance, proches du rituel et de la ritournelle, modifient insensiblement la perception du temps pour le spectateur.

Les performeurs agissent isolément, chacun paraissant fomenter de mystérieuses opérations dans sa bulle, et cependant des connections se font parfois, comme accidentelles ou inopinées.
Une chanteuse, une danseuse, un danseur et une comédienne improvisent à partir d’un cadre défini, sorte de réservoir de mots, de sons et de gestes dans lequel ils puisent, à l’écoute et au senti de ce qui se trame autour d’eux.
La robe-mère est une robe blanche en ouatine à la traîne démesurée (12 mètres) sur laquelle le public peut marcher (pieds nus, en chaussettes). Cette robe enrobant et débordante, est désignée « robe- mère » car elle est support et matrice de nouvelles transformations qui en donnent à chaque fois une perception nouvelle.
La robe-mère pour une mariée solitaire dont la traîne monstrueuse empêcherait de se déplacer, est portée par un des performeurs. Cette robe démesurée évoque aussi Blanche- Neige des contes de Grimm, lorsque la mère de Blanche-neige projette sur la neige son désir comme sur un écran vierge : « …et tandis qu’elle cousait ainsi et regardait neiger, elle se piqua avec son aiguille et trois gouttes de sang tombèrent dans la neige. ».
Sur cette traîne, évolue, dans une enveloppe en crochet, un autre corps, de manière presque animale. Tandis qu’un autre encore respire sous la robe, ou apparaît dans une crinoline- perruque (crinoline dont l’espace est prévu pour 2 personnes et recouverte de mèches de cheveux synthétiques) installée sur un manège qui tourne indéfiniment.
Les performeurs sont les éléments interchangeables d’un tableau mouvant. Ils ont le statut de corps- objets au service d’un ensemble organisé.

Le crochet, objet ineractif:
-j’ai commencé, au crochet, une enveloppe de laine imaginée pour une danseuse, que j’ai ensuite proposée à d’autres personnes pour qu’elles prennent le relais en la poursuivant à leur gré. J’ai choisi cette technique parce qu’elle me paraissait suffisamment simple pour permettre de créer cette circulation : il suffisait de poursuivre l’ouvrage de quelqu’un d’autre sans avoir à réfléchir à une structure, un plan : comme un animal construisant sa coquille l’élaboration du crochet se fait en spirale. J’ai d’abord mis des petites annonces pour trouver des participants mais personne n’a répondu et, à un moment donné, le « bouche à oreille » s’est mis à fonctionner. Pendant 6 mois le crochet a voyagé : je recevais des colis de plus en plus volumineux, poursuivais un peu le crochet entre 2 volontaires puis le renvoyais à nouveau. Il a tissé des liens virtuels entre ces personnes, mais aussi entre elles et la danseuse dont la performance dépendait de cet objet, autour d’une danse rêvée, projetée…Comme des signatures des boules de neiges disposées sur la ouatine renferment les photographies de tous les participants posant avec le crochet.